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Trail de Haute Provence – 1ère édition

Dimanche, mai 25th, 2014

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Samedi, rendez-vous à Forcalquier pour les coureurs décidés à essayer ce nouveau venu du calendrier des trails de la région: le Trail de Haute Provence. L’essentiel du parcours se déroule dans la Montagne de Lure (sommet à 1826m). Je connais un peu ce coin, et j’aime particulièrement cette Provence rocailleuse et sauvage. J’étais donc assez motivé par cette course, vendue pour 72km/3200mD+, que je fais dans la lancée des trails de Trets, de la Sainte-Victoire et de Saint-Maximin. Mon hygroma au genou a pratiquement disparu et je me sens plutôt en forme, ces temps-ci.

Le départ étant donné à 6h, j’arrive tôt à Forcalquier. Il fait nuit et là, c’est un peu bizarre, le GPS m’emmène en plein centre-ville, et je vois… rien. Pas de lumière, pas de pancarte, pas de bénévole. Je tourne un peu en voiture, sors de la ville, re-rentre, sans succès… Mince alors… Au bout d’un moment, je finis par voir une autre voiture, puis une autre, qui tournent aussi. On discute un peu et on cherche ensemble le lieu de retrait des dossards. On finit par trouver un lève-tôt qui nous indique l’endroit, bien caché dans un ancien couvent. Bon, pourvu que la suite soit mieux organisée… Autant le dire tout de suite, ça aura été le seul tout petit point négatif de l’organisation: tout le reste sera irréprochable.

Un peu avant le départ, c’est le briefing d’avant course. Les organisateurs nous expliquent que dans la partie sur la montagne de Lure proprement dite, ils n’ont pas eu l’autorisation de baliser énormément. Il faudra donc suivre la ligne de crête, en direction des antennes du sommet. Ils nous signalent aussi que le vent risque de souffler, et qu’il peut faire froid. Je suis en petit t-shirt, et je décide donc de retourner en vitesse à la voiture pour mettre dans mon sac le maillot à manches longues que j’avais décidé de ne pas prendre… Je suis juste de retour pour le départ. On est environ 55 partants donc pas de bousculade d’autant que 70km, c’est long. Après avoir quité Forcalquier, on se retrouve dans les chemins des collines qui surplombent la ville. Comme pratiquement tout le monde, je zappe le ravitaillement des Ybourgues (au 6ème kilomètre…). Je n’ai pas de très bonnes sensations, mais ça ne m’inquiète pas trop: je sais que je mets de plus en plus de temps à me mettre vraiment en route. J’ai aussi dérogé à mon habitude de faire un petit footing avec des accélérations la veille de la course. Je sais que ce n’est pas ça qui doit faire une grosse différence mais peut-être qu’au bout de 15 ans, il est un peu tard pour changer les habitudes…  Bref, rien de grave d’autant que comme prévu, je commence à me sentir mieux au bout d’un moment. Je me retrouve avec 3 gars, dont deux avec des bâtons. Ils vont un peu plus vite que moi dans les petits raidards et les descentes techniques, mais je les reprends à chaque fois sur le plat ou les faux-plats. On prend tranquillement du dénivelé en passant au Rocher d’Ongles (16ème km), puis à Lardiers (24ème km). Je cours pratiquement tout le temps et il fait un temps superbe. Mes trois camarades sont toujours autour. A Lardiers, je prends le temps de recharger mon bidon d’H***r. Le coureur qui n’a pas de bâtons arrive derrière à toute vitesse, attrape un gobelet d’eau et demande aux bénévoles « C’est pas grave si je le jette un peu plus loin, hein ? ». Et il repart à fond… Ça me fait un peu rigoler.

Après Lardiers, les choses sérieuses commencent. La montée est assez douce au début et j’en profite pour rattraper l’homme pressé et le gars avec les bâtons. Mais au bout de quelques kilomètres, la pente se redresse et on se retrouve sur un tapis de feuilles mortes de 20cm d’épaisseur, donc on doit alterner marche et course. Il fait assez frais et humide mais ça reste très plaisant, malgré le souffle qui commence à être court et ce sommet tout pelé qui se fait bien attendre. J’y arrive finalement seul. C’est le Sommet du Contras (32ème km), où se trouve un ravitaillement. La vue est absoluement magnifique: on a un 360° sur toute la région, et les sommets enneigés du Champsaur et des Ecrins au loin. Les bénévoles sont habillés chaudement. Il faut dire que le vent souffle et qu’il ne fait pas chaud. Ça reste quand même très supportable, et le maillot à manches longues reste donc dans mon sac. Je redémarre en direction du Sommet de Lure (1826m) pour 10km sur la ligne de Crête, via le Sommet de l’Homme. Le balisage est beaucoup moins fréquent, mais il faudrait vraiment mettre de la mauvaise volonté pour ne pas voir où aller. Les antennes du sommet sont presque toujours visibles, mais on doit en passer par une succession de montagnes russes bien éprouvantes pour y arriver. Le gars qui courait avec moi plus tôt a profité de mes qualités limitées en « véritable » trail pour me dépasser et je le vois s’éloigner. Finalement, j’arrive aux antennes, un peu entamé mais en sachant que le plus gros est fait.

Petit crobard sur le dossard par deux charmantes bénévoles, et on doit faire demi-tour pour redescendre. On croise les coureurs qui sont derrière, en train de monter. Je revois mes compagnons du début. Petit mot d’encouragement et je commence la descente. Arrêt au ravitaillement de la Station de Lure (42ème km). Les bénévoles sont vraiment très sympas, et je discute avec eux quelques instants en rechargeant mes bidons. Je repars pour une portion que je sais roulante. Je me force à retrouver un bon rythme même si les jambes commencent à être lourdes. Il commence aussi à faire chaud mais je retrouve les coins que je connais un peu et ça me fait plaisir.  Court arrêt au ravitaillement à Saint-Etienne-les-Orgues (52ème km). Toujours personne en vue devant, personne derrière. Et toujours un balisage impeccable. Je regarde ma petite fiche: j’ai noté que la suite était pratiquement plate. Mais alors, pourquoi ça remonte, hein ? C’est vrai qu’il y a toujours une différence entre le parcours sur papier qu’on lit tranquillement avant la course, et les sensations qu’on a après 50 bornes… Les petites bosses commencent à ne plus sembler petites… Je me force à courir dès que possible mais la machine commence à rechigner un peu.

On arrive au dernier ravitaillement à Fontienne (60ème km), village où j’ai déjà passé des vacances en famille. Je demande au bénévole combien il reste, en m’attendant à 10km ou 12km. Il me répond 8km (le trail fait 68km et quelques, au final)… Je repars donc assez rapidement. Malgré la lassitude, je suis encore plutôt en bon état, d’autant que j’ai aperçu mon vieux copain quelques centaines de mètres devant. Je le rejoins et je passe devant. Comme je suis un garçon bien élevé, pour faire la conversation, je lui dis « Il commence à faire chaud, hein ? ». Il répond « Non, ça va… ». Pas étonnant, j’ai appris ensuite qu’il venait de Corse et c’est vrai qu’il ne faisait pas aussi chaud que ça. Je m’attends à ce qu’on fasse le yoyo entre les portions roulantes et les montées/descentes mais non, il ne me suit pas. Je continue donc en solo. Enfin, pas pour longtemps car dans la colline qui surplombe Forcalquier, je vois un nouveau maillot et une casquette fluo devant… Je rejoins le gars, l’encourage un peu pour qu’on finisse éventuellement ensemble. Mais il semble hors d’état de suivre. J’arrive donc seul dans les rues animées de Forcalquier (on y fête la Saint Pancrace). Je croise l’organisateur qui me demande si ça va. « J’en ai un peu marre…. ». « Allez, vas-y, il reste 600m ! ». Derniers zigzags dans les rues. Les gens attablés aux terrasses des restaurants encouragent et applaudissent et ça, c’est toujours bon pour le moral. Je passe la ligne en 7h53’05 », classé 12ème. Comme souvent après une « grosse » course, j’ai cette inexplicable envie de pleurer qui me prend, d’autant que la sono diffuse « Instant Crush » de Daft Punk. Mais je garde le contrôle, et je vais m’assoir un moment pour profiter de ce beau soleil et de la fête, avant de repartir dans mes pénates.

Conclusion, une nouvelle course très bien organisée, dans un endroit que j’aime encore plus qu’avant. J’espère qu’elle va prendre l’ampleur qu’elle mérite pour les prochaines éditions. Il me manque des qualités de trailer pour faire une vraie bonne place mais à vrai dire, ça m’est un peu égal: je garde ce statut hybride entre coureur sur plat et coureur de trail. Une sorte de coureur de colline, quoi… Pas ultra-classe, comme étiquette, mais ça me va.

Temps de passage:

  1. Les Ybourges (km 6): 0h33’35 » (pas d’arrêt)
  2. Le Rocher d’Ongles (km 16): 1h36’37 » (48″ d’arrêt)
  3. Lardiers (km 24): 2h31’05 » (1’35 » d’arrêt)
  4. Sommet du Contras (km 32): 3h47’11 » (42″ d’arrêt)
  5. Station de Lure (km 42): 5h21’00 » (2’15 » d’arrêt)
  6. Saint-Etienne-les-Orgues (km 51): 6h14’03 » (42″ d’arrêt)
  7. Fontienne (km 60): 6h52’51 » (25″ d’arrêt)
  8. Forcalquier (arrivée): 7h53’05 ».