Trail de Haute Provence – 1ère édition

25 mai 2014, 21:37

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Samedi, rendez-vous à Forcalquier pour les coureurs décidés à essayer ce nouveau venu du calendrier des trails de la région: le Trail de Haute Provence. L’essentiel du parcours se déroule dans la Montagne de Lure (sommet à 1826m). Je connais un peu ce coin, et j’aime particulièrement cette Provence rocailleuse et sauvage. J’étais donc assez motivé par cette course, vendue pour 72km/3200mD+, que je fais dans la lancée des trails de Trets, de la Sainte-Victoire et de Saint-Maximin. Mon hygroma au genou a pratiquement disparu et je me sens plutôt en forme, ces temps-ci.

Le départ étant donné à 6h, j’arrive tôt à Forcalquier. Il fait nuit et là, c’est un peu bizarre, le GPS m’emmène en plein centre-ville, et je vois… rien. Pas de lumière, pas de pancarte, pas de bénévole. Je tourne un peu en voiture, sors de la ville, re-rentre, sans succès… Mince alors… Au bout d’un moment, je finis par voir une autre voiture, puis une autre, qui tournent aussi. On discute un peu et on cherche ensemble le lieu de retrait des dossards. On finit par trouver un lève-tôt qui nous indique l’endroit, bien caché dans un ancien couvent. Bon, pourvu que la suite soit mieux organisée… Autant le dire tout de suite, ça aura été le seul tout petit point négatif de l’organisation: tout le reste sera irréprochable.

Un peu avant le départ, c’est le briefing d’avant course. Les organisateurs nous expliquent que dans la partie sur la montagne de Lure proprement dite, ils n’ont pas eu l’autorisation de baliser énormément. Il faudra donc suivre la ligne de crête, en direction des antennes du sommet. Ils nous signalent aussi que le vent risque de souffler, et qu’il peut faire froid. Je suis en petit t-shirt, et je décide donc de retourner en vitesse à la voiture pour mettre dans mon sac le maillot à manches longues que j’avais décidé de ne pas prendre… Je suis juste de retour pour le départ. On est environ 55 partants donc pas de bousculade d’autant que 70km, c’est long. Après avoir quité Forcalquier, on se retrouve dans les chemins des collines qui surplombent la ville. Comme pratiquement tout le monde, je zappe le ravitaillement des Ybourgues (au 6ème kilomètre…). Je n’ai pas de très bonnes sensations, mais ça ne m’inquiète pas trop: je sais que je mets de plus en plus de temps à me mettre vraiment en route. J’ai aussi dérogé à mon habitude de faire un petit footing avec des accélérations la veille de la course. Je sais que ce n’est pas ça qui doit faire une grosse différence mais peut-être qu’au bout de 15 ans, il est un peu tard pour changer les habitudes…  Bref, rien de grave d’autant que comme prévu, je commence à me sentir mieux au bout d’un moment. Je me retrouve avec 3 gars, dont deux avec des bâtons. Ils vont un peu plus vite que moi dans les petits raidards et les descentes techniques, mais je les reprends à chaque fois sur le plat ou les faux-plats. On prend tranquillement du dénivelé en passant au Rocher d’Ongles (16ème km), puis à Lardiers (24ème km). Je cours pratiquement tout le temps et il fait un temps superbe. Mes trois camarades sont toujours autour. A Lardiers, je prends le temps de recharger mon bidon d’H***r. Le coureur qui n’a pas de bâtons arrive derrière à toute vitesse, attrape un gobelet d’eau et demande aux bénévoles « C’est pas grave si je le jette un peu plus loin, hein ? ». Et il repart à fond… Ça me fait un peu rigoler.

Après Lardiers, les choses sérieuses commencent. La montée est assez douce au début et j’en profite pour rattraper l’homme pressé et le gars avec les bâtons. Mais au bout de quelques kilomètres, la pente se redresse et on se retrouve sur un tapis de feuilles mortes de 20cm d’épaisseur, donc on doit alterner marche et course. Il fait assez frais et humide mais ça reste très plaisant, malgré le souffle qui commence à être court et ce sommet tout pelé qui se fait bien attendre. J’y arrive finalement seul. C’est le Sommet du Contras (32ème km), où se trouve un ravitaillement. La vue est absoluement magnifique: on a un 360° sur toute la région, et les sommets enneigés du Champsaur et des Ecrins au loin. Les bénévoles sont habillés chaudement. Il faut dire que le vent souffle et qu’il ne fait pas chaud. Ça reste quand même très supportable, et le maillot à manches longues reste donc dans mon sac. Je redémarre en direction du Sommet de Lure (1826m) pour 10km sur la ligne de Crête, via le Sommet de l’Homme. Le balisage est beaucoup moins fréquent, mais il faudrait vraiment mettre de la mauvaise volonté pour ne pas voir où aller. Les antennes du sommet sont presque toujours visibles, mais on doit en passer par une succession de montagnes russes bien éprouvantes pour y arriver. Le gars qui courait avec moi plus tôt a profité de mes qualités limitées en « véritable » trail pour me dépasser et je le vois s’éloigner. Finalement, j’arrive aux antennes, un peu entamé mais en sachant que le plus gros est fait.

Petit crobard sur le dossard par deux charmantes bénévoles, et on doit faire demi-tour pour redescendre. On croise les coureurs qui sont derrière, en train de monter. Je revois mes compagnons du début. Petit mot d’encouragement et je commence la descente. Arrêt au ravitaillement de la Station de Lure (42ème km). Les bénévoles sont vraiment très sympas, et je discute avec eux quelques instants en rechargeant mes bidons. Je repars pour une portion que je sais roulante. Je me force à retrouver un bon rythme même si les jambes commencent à être lourdes. Il commence aussi à faire chaud mais je retrouve les coins que je connais un peu et ça me fait plaisir.  Court arrêt au ravitaillement à Saint-Etienne-les-Orgues (52ème km). Toujours personne en vue devant, personne derrière. Et toujours un balisage impeccable. Je regarde ma petite fiche: j’ai noté que la suite était pratiquement plate. Mais alors, pourquoi ça remonte, hein ? C’est vrai qu’il y a toujours une différence entre le parcours sur papier qu’on lit tranquillement avant la course, et les sensations qu’on a après 50 bornes… Les petites bosses commencent à ne plus sembler petites… Je me force à courir dès que possible mais la machine commence à rechigner un peu.

On arrive au dernier ravitaillement à Fontienne (60ème km), village où j’ai déjà passé des vacances en famille. Je demande au bénévole combien il reste, en m’attendant à 10km ou 12km. Il me répond 8km (le trail fait 68km et quelques, au final)… Je repars donc assez rapidement. Malgré la lassitude, je suis encore plutôt en bon état, d’autant que j’ai aperçu mon vieux copain quelques centaines de mètres devant. Je le rejoins et je passe devant. Comme je suis un garçon bien élevé, pour faire la conversation, je lui dis « Il commence à faire chaud, hein ? ». Il répond « Non, ça va… ». Pas étonnant, j’ai appris ensuite qu’il venait de Corse et c’est vrai qu’il ne faisait pas aussi chaud que ça. Je m’attends à ce qu’on fasse le yoyo entre les portions roulantes et les montées/descentes mais non, il ne me suit pas. Je continue donc en solo. Enfin, pas pour longtemps car dans la colline qui surplombe Forcalquier, je vois un nouveau maillot et une casquette fluo devant… Je rejoins le gars, l’encourage un peu pour qu’on finisse éventuellement ensemble. Mais il semble hors d’état de suivre. J’arrive donc seul dans les rues animées de Forcalquier (on y fête la Saint Pancrace). Je croise l’organisateur qui me demande si ça va. « J’en ai un peu marre…. ». « Allez, vas-y, il reste 600m ! ». Derniers zigzags dans les rues. Les gens attablés aux terrasses des restaurants encouragent et applaudissent et ça, c’est toujours bon pour le moral. Je passe la ligne en 7h53’05 », classé 12ème. Comme souvent après une « grosse » course, j’ai cette inexplicable envie de pleurer qui me prend, d’autant que la sono diffuse « Instant Crush » de Daft Punk. Mais je garde le contrôle, et je vais m’assoir un moment pour profiter de ce beau soleil et de la fête, avant de repartir dans mes pénates.

Conclusion, une nouvelle course très bien organisée, dans un endroit que j’aime encore plus qu’avant. J’espère qu’elle va prendre l’ampleur qu’elle mérite pour les prochaines éditions. Il me manque des qualités de trailer pour faire une vraie bonne place mais à vrai dire, ça m’est un peu égal: je garde ce statut hybride entre coureur sur plat et coureur de trail. Une sorte de coureur de colline, quoi… Pas ultra-classe, comme étiquette, mais ça me va.

Temps de passage:

  1. Les Ybourges (km 6): 0h33’35 » (pas d’arrêt)
  2. Le Rocher d’Ongles (km 16): 1h36’37 » (48″ d’arrêt)
  3. Lardiers (km 24): 2h31’05 » (1’35 » d’arrêt)
  4. Sommet du Contras (km 32): 3h47’11 » (42″ d’arrêt)
  5. Station de Lure (km 42): 5h21’00 » (2’15 » d’arrêt)
  6. Saint-Etienne-les-Orgues (km 51): 6h14’03 » (42″ d’arrêt)
  7. Fontienne (km 60): 6h52’51 » (25″ d’arrêt)
  8. Forcalquier (arrivée): 7h53’05 ».

Trail de la Sainte-Victoire

10 avril 2014, 7:59

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Dimanche, il a fait très chaud sur Trail de la Sainte Victoire (58km/2900D+). Même en ayant reconnu la dernière partie côté sud, qui remonte sur Baudino, ça a été dur et il a fallu s’accrocher (au sens figuré comme au sens propre). J’ai limité la casse en finissant en 7h39’03 », classé 36ème sur 292 arrivants (350 engagés), mais ça a été assez douloureux. Il y a deux ans, j’avais fait 29ème en 7h07′, mais le parcours était un peu différent et il ne faisait pas aussi chaud. Cette fois, même en rechargeant complétement les bidons (2×0.6l) à chaque ravitaillement, il a fallu que je me rationne un peu en eau, et donc en gel aussi (je crois que j’ai bien fait de suivre mon intuition et d’abandonner mon intention initiale de prendre juste des barres aux amandes du supermarché pour les remplacer par des gels M***r, que j’ai trouvé impeccables). Pas encore très motivé pour écrire un CR, alors juste les temps de passage aux ravitos:

1) St-Antonin (km 12):  1h11’34 » (30″ d’arrêt)
2) Vauvenargues (km 26): 2h56’08 » (2’59 » d’arrêt)
3) Puyloubier (km 36): 4h46’29 » (2’00 » d’arrêt)
4) St-Antonin (km 47): 6h26’50 » (1’55 » d’arrêt).

Je suis assez content car j’ai quand même bien pris du plaisir sur cette course et quand j’ai vu l’état des copains lorsqu’ils ont passé la ligne, je me suis dit que je m’en tirais vraiment bien… Mais je suis content de ne plus rien préparer (à part la fête de la musique). Je vais faire des courses pendant le printemps/été sur la lancée, mais a priori pas du très long (~40-45km max) et pas du très technique. Déjà, il faut que j’arrive à faire passer cette douleur au genou (même si elle ne m’a pas embêté pendant le trail), et je dois dire que cette course-là m’a un peu calmé…

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Semi-marathon de Cannes – 22ème édition

25 février 2014, 20:50

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Dimanche matin, il y avait grand soleil sur Cannes. Ça tombait bien: c’était justement le jour du semi-marathon. Je suis en petite forme depuis le début de l’année, embêté par divers microbes perfides probablement rapportés de la crèche par mon fils (2 ans)… Plutôt que faire 4h de route (A/R) pour un mauvais chrono, j’étais donc tenté d’aller courir le 18km de Rognes, à la place. Allons, un peu de courage, mon garçon ! Et je me suis finalement décidé à y aller, en sachant bien qu’il n’y aurait pas de miracle. J’arrive péniblement à passer sous les 3’45″/km pendant les 3000 dans les séances de seuil et comme je vois bien que je n’ai pas de marge là-dessus, je ne peux pas prétendre tenir ça sur un semi. Oui, je sais que je ne suis qu’un horrible rationaliste qui n’a pas les chakras très ouverts mais je n’ai pas l’habitude de compter sur un quelconque dieu pour m’aider même si aujourd’hui, j’ai le dossard numéro 13…  Bref, cette année, je ne vise pas moins de 1h20′. En fait, je serais déjà content de pouvoir courir à 3’50″/km.
A la récupération du dossard, je ne vois guère de têtes connues. Je pars donc m’échauffer. Je me sens plutôt en forme. Mon genou, abondamment tartiné de pommade, se tient à peu près tranquille. Il fait super-beau (et doux). Seul point négatif, il y a déjà un peu de vent.
Ça part à 9h45. Cette année, je suis encore dans le sas des 1h20 et je suis donc devant. Pour autant, je ne m’emballe pas et je passe au 1000m en 3’42 », un peu derrière Stéphane, un collègue du Caval de Pertuis qui va de toute façon beaucoup plus vite que moi en temps normal. Un poil trop rapide pour mon allure-objectif donc, mais je suis bien. On part en direction de l’ouest et au bout de quelques kilomètres, on arrive à l’épingle à cheveu. Mais là, le petit vent dont je parlais plus haut vient refaire un petit coucou et c’est tout de suite beaucoup moins facile. J’essaie de rester dans des groupes mais ce n’est pas évident. Je suis assez soulagé quand on se retrouve au port, un peu abrités. Ce n’est pas un vent très violent et on le prend de travers, mais on y laisse de l’énergie et je crains le deuxième tour. En direction du Palm Beach, ça passe bien, d’autant qu’il y a des spectateurs. J’essaie de repérer Jean-Marc et un de mes collègues dans les coureurs derrière nous, sans succès. Par contre, je croise l’inoxydable Layachi. Epingle à cheveu, et remontée en direction de l’ouest, je passe au 10km en 37’55 », toujours à mon rythme (il y a des kilos très faux, bizarre pour cette course). Re-épingle à cheveu et… re-vent. Et là, comme prévu, c’est plus dur qu’au premier tour. Je coince pas mal, comme les gars autour de moi, on dirait. Je passe au 16ème en 1h01’35 ». Ouch ! Je ne suis plus vraiment capable de calculer si ça peut encore passer en moins de 1h21’… Et je termine finalement en 1h21’03 ». Je sais que 5″ de moins, blah blah blah… Mais à la fin, j’avais de quoi résister aux gars qui essayaient de me doubler au sprint, pas de quoi reprendre 5″… Je suis classé 42ème/1102.
Je pense que ce n’était pas un très grand cru: ça s’est gagné en 1h05’52 ». Je suis devant la deuxième féminine (la première est en 1h15’19 », quand même). Une autre féminine, qui me donne parfois un peu de fil à retordre, termine en 1h26. Stéphane (du Caval) est un tout petit peu en dessous de 1h20, probablement pas au top non plus (il me semble qu’il a déjà fait 1h16′, à Cannes). Mais finalement, je suis content d’être venu. Ça reste une très belle course et ça fait du bien de courir sur un terrain où dépasser 10km/h n’est pas l’exploit du siècle… Bon, et bien c’est pas tout ça, mais il est temps maintenant de préparer le TSV… Une autre histoire…
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Pointages:

1:    3’42 »
2:    3’43 »
3:    3’48 »
4:    3’46 »
5:    4’17 »    –    19’19 » (Faux)
6:    3’25 (Faux)
7:    3’45 »
8:    3’49 »
9:    3’48 »
10:    3’47 »    –    37’55 »
11:    3’52 »
12:    3’46 »
13:
14:    7’43 »
15:    3’53 »    –    57’11 »
16:    4’24 »    –     1h01’35 » (Faux, cf 5ème)
17:    3’35 » (Faux, cf 6ème)
18:    3’53 »
19:    3’54 »
20:    3’56 »    –    1h16’55 »
21:    3’48 »
21.1:    0’20 »    – 1h21’03 »
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Préparation semi de Cannes

12 février 2014, 21:06

Après la course de Trets, style mi figue-mi raisin, j’étais bien décidé à retourner sur la route pour retrouver de l’allure. Même si je prépare une saison essentiellement de trail, cette année, comme je suis souvent un poil limite techniquement, j’essaie de compenser en travaillant ma vitesse de base. Avant le Trail de la Sainte Victoire, ça m’aurait bien dit de reprendre un peu d’allure, avec l’objectif de refaire au moins une course sur route…

Bon alors, déjà, ça ne veut pas trop revenir. J’arrive péniblement à retourner sous mon allure semi-objectif sur les séances de seuil, mais presque toujours dans la douleur. Les séances de VMA sont à l’image: pas bien rapides et pénibles. A cela s’ajoute ma douleur au genou qui s’est un peu estompée, mais ne disparaît pas (une tendinite rotulienne, je pense). Et enfin (et surtout), tous les virus et autres bactéries que mon fils récupère à la crèche (sans forcément développer les maladies correspondantes) semblent se trouver bien dans mon organisme… J’ai donc déjà eu deux gastros (dont une le week-end dernier), et j’ai une espèce de sensation de fatigue qui ne me quitte pas. Les années précédentes, ce genre de coup de mou m’est déjà arrivé plusieurs fois, et j’ai traité ça par le mépris… J’espère que le schéma va se reproduire. Bref, pas la meilleure période.

Je suis donc un peu incertain pour Cannes dans 1 semaine 1/2… Vu ma forme actuelle et mes chronos, je ne pense pas être en mesure de passer sous les 1h20′ cette fois, et honnêtement, je n’ai pas trop envie de faire la route jusque Cannes pour un chrono en bois. Bref, on verra bien…

 

Trail du Mont Olympe (Trets) – 2ème édition

19 janvier 2014, 22:22

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En ce début d’année, j’ai décidé que j’aimerais bien retrouver un peu d’allure sur route (c’est la course des Abbesses à Remiremont, où je me suis un peu traîné derrière mon ami Christophe, qui m’en a redonné envie). Donc, au programme, c’est préparation d’un ou deux semis (Cannes et/ou la Grande Motte), avant de retourner sur trail. La consigne est simple: pas trop de colline, des séances VMA et seuil sur route, éventuellement des courses, roulantes de préférence. En plus, c’est bien pour mon pied, pas encore tout à fait guéri… Et quand de mauvaises âmes ont essayé de me débaucher pour particper à ce trail de 29km/1400mD+ sur les contreforts de la Sainte-Beaume, à Trets, mon premier réflexe a été de dire « Non, merci… ». Mais la chair est faible, et mon deuxième réflexe a été de dire « Bon, OK… »

Depuis le week-end dernier, on annonce le déluge et tout au long de la semaine, ça n’aura pas varié d’un iota donc on savait à quoi s’attendre. J’ai testé mon pied plusieurs fois sur terrain vallonné, et je suis plutôt optimiste, même si je suis obligé de retenir en descente (déjà que je ne descends pas très bien…). Petite inquiétude: une douleur au genou assez forte est apparue au début de la semaine. Ca fait mal surtout à froid, et ça a tendance à se calmer en courant, ce qui fait que je boîte au début de chaque séance. En fait, j’ai déjà eu ce problème et je pense que c’est tendiniteux. Mon souci principal est que très souvent, à cause de la compensation, ça finit par tourner en une sciatique assez handicapante. Mais dimanche matin, toujours mal au genou et pas de sciatique… J’étais donc bien décidé à courir.

Sans surprise, le samedi est très pluvieux, ainsi que la nuit de samedi à dimanche. Pendant la nuit, j’entends les trombes d’eau sur le toit. Pas très motivant… mais j’ai toujours envie d’y aller. Après le lever, je vérifie le site de la course: oui, c’est maintenu malgré les conditions. Lorsque je pars, il pleut moins fort mais en arrivant à Trets, ça a redoublé… Je croise les copains: Thierry, Philippe, Vincent, David, Yann… On se demande un peu ce qu’on fait là… L’organisation annonce que le parcours initial est maintenu, mais qu’il faudra faire attention sur les dalles glissantes. En regardant autour de moi, j’ai l’impression d’être peu équipé: je n’ai pas pris de vêtement de pluie et j’ai un peu peur d’avoir froid au dessus du Mont Olympe (819m). Mon vieux porte-bidon est aussi en piteux état, mais je n’ai que ça donc il faudra faire avec.

Départ à 9h15 dans la bonne humeur. Je suis devant les copains. Je ne me sens pas si mal. On entre dans la colline après quelques kilomètres en faux-plat montant. Au début, ça monte, pas trop dur. La première descente un peu sérieuse me confirme qu’il va falloir que j’y aille doucement sur mon pied droit. Mais soudain, j’entends « ploc ! ». Je me retourne: c’est mon bidon qui est tombé (dans la boue, bien sûr). Je m’arrête pour le ramasser, en me disant qu’il devait être mal placé. Je repars et dans la descente suivante: « re-ploc ! »… Damned, il ne tient plus. La première féminine, que j’ai doublée peu avant, me le rend et je le garde à la main. Mais la suite en descente est très glissante et je réalise que je ne pourrai pas le garder à la main tout au long de la course. Je décide donc de retourner la ceinture et de mettre le bidon devant moi. Pas très agréable, ce petit battement sur le bas-ventre, mais au moins, il n’est plus tombé. Je crois qu’il faut quand même que j’investisse un peu…

Pendant ce temps, la course se poursuit. Je cours assez souvent avec d’autres gars. Je sens que je coince quand ça monte un peu sec. Je manque clairement d’entraînement type trail. En descente, je suis vraiment lent. Il ne reste donc que les portions roulantes pour compenser… Par chance, c’est un trail qui en comporte. Mon copain Thierry, qui débutait en course à pied il n’y a pas si longtemps, m’a rejoint et je le vois beaucoup mieux que moi. Il me passe devant. La montée vers le Mont Olympe me paraît difficile et je n’arrive pas à coller les gars avec qui j’étais. Après le passage du sommet, il y a une pancarte « attention, glissant sur 300m » et là, ça ne loupe pas: je tombe sur le dos dans la descente. Je me relève, ça va, pas de dégâts… Mais les camarades devant se sont encore un peu éloignés. La descente qui suit est très longue et roulante, sur un chemin en sous-bois. Je cours seul et au bout de quelques minutes, je ne vois plus de rubalise. Je continue encore 5′ et là, toujours rien. Je décide donc de retourner. Par chance, au bout de quelques centaines de mètres, je rencontre un coureur qui descend. Je lui demande s’il a vu des marques: « Non, mais de toute façon, il n’y a qu’un chemin donc on n’a pas pu se tromper… ». Bon… Je repars donc derrière lui, sur un bon rythme et quand on arrive au bout de cette descente, mes anciens compères sont enfin à nouveau en vue (on ne s’est pas trompé de chemin).

Comme toujours, la fin n’en finit pas, et comporte des montées assassines. Mais je vois que ça coince bien autour de moi et je m’efforce donc à garder du rythme. On passe dans des ruisseaux (ou plutôt des chemins transformés en ruisseaux), dans des vignes à la boue collante… On est tout crottés, les pieds pèsent lourd mais on finit par arriver à Trets. Sur un chemin qui descend (où je perds environ 3 places) puis sur une route. Allez, c’est le moment ou jamais et je me force à relancer, d’autant que j’ai aperçu Philippe, pas bien loin derrière. Je reprends les petits gars qui m’ont doublé un par un et ils n’arrivent pas à accrocher. Je finis même par revenir sur Thierry, et je le double. Il essaie de tenir et même de me redoubler mais j’ai un peu d’expèrience et là, je suis dans mon élément… Je passe la ligne devant lui, en 3h08’58 », classé 32ème sur 281 arrivants (6ème V1H). Thierry est juste derrière mais entre temps, deux petits gars se sont intercalés entre nous.

Je n’ai pas fait une très bonne course. En fait, je n’ai pas souvent été bien, et mes lacunes en entraînement trail sont claires. Mais je ne regrette pas d’être venu: c’était bien sympa, et même si on ne pouvait pas profiter de la vue, j’ai bien aimé le parcours. Peut-être que je reviendrai: l’année dernière était déjà sous le pluie, cette année sous la pluie… L’année prochaine, il fera forcément beau, non ?

Bilan 2013

1 janvier 2014, 23:16

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Et voilà, 2013 est terminée. Cette année, je n’ai pas tenu de carnet d’entraînement précis et donc, pas de cumul kilomètrique ou de totaux improbables… Par contre, j’ai noté soigneusement les courses. Même si la saison s’est achevée prématurément sur blessure au gros orteil (chute d’un radiateur en fonte facétieux sur mon pied: on est soit coureur soit bricoleur, pas les deux…), j’ai porté un dossard à 11 reprises. Et comme le pied semble maintenant bien remis, on ne va pas s’apitoyer. Donc:

  • 15/01/2013: La Boucle Gardannaise (Gardanne) (13km): 0h52’49 », 19/309
  • 03/03/2013: Semi-marathon des Pyramides (La Grande Motte) (21.1km): 1h20’08 », 38/2507
  • 07/04/2013: Marathon de Paris (Paris) (42.2km): 2h49’51 », 353/38690
  • 05/05/2013: Foulée de St Claude (Meyrargues) (11.3km): 0h45’36 », 16/175
  • 19/05/2013: Trail du Grand Luberon, version XL (Cabrières d’Aigues) (41km/2200mD+): 4h20’53 », 16/135
  • 16/06/2013: Trail de Serre Ponçon (Rousset) (44km/2600mD+): 5h20’18 », 10/165
  • 27/07/2013: Oxford Parkrun (Oxford, UK) (5000m): 0h18’59 », 4/105
  • 03/08/2013: Oxford Parkrun (Oxford, UK) (5000m): 0h19’09 », 9/123
  • 08/09/2013: Les Vannades (Manosque) (10km): 0h37’05 », 14/347
  • 15/09/2013: Volx en Course (Volx) (10km): 0h39’39 », 8/118
  • 29/12/2013: Corrida des Abbesses (Remiremont) (7.5km): 0h27’21 », 78/564

Bonne année 2014 à tous !

Oxford Parkrun

27 juillet 2013, 20:35

J’ai trouvé encore plus saucisson que le saucisson !
RDV à 9h dans le Cutteslow & Sunnymead Park d’Oxford, chacun muni d’un petit code barre imprimé après enregistrement sur internet (on s’enregistre une fois pour toute pour participer à ces « Parkrun » n’importe où au Royaume Uni). Arrivé en footing depuis mon B&B quinze minutes avant le départ, il y a là de tout: des petits gars affûtés, des triathlètes, des gamins (certains devaient avoir 8-9 ans), des mères de famille, des papys…
9h, juste un tout petit speech et ça part pour 5000m. C’est essentiellement sur du gazon et de petits chemins en terre avec des racines, et ça rend pas trop. Je double les habituels « partis trop fort » et je me retrouve autour de la 6ème place. J’en reprends 3 pendant la course mais un des gars me repasse dans un faux-plat montant. Je manque un peu de pêche (fractionné jeudi soir + les journées de travail en mission ici sont souvent très longues). Je finis donc 4ème sur 105, avec le chrono modeste de 18’59 ». Je pense pourtant ne pas trop avoir traîné: peut-être le fait de courir dans l’herbe qui coûte quelques secondes à chaque kilo ?
Ce truc (Parkrun UK) est devenu en peu de temps une institution et c’est normal. Pas de prise de tête et bon esprit: c’est gratuit, c’est pout tout le monde, on n’a pas besoin de certificat médical. Il n’y a pas de dossard, pas de podium (heureusment, sinon ça aurait été la lose pour moi…), pas de t-shirt, pas de coupes à la noix à l’arrivée… Si je peux, je remettrai ça.

Trail de Serre-Ponçon – 1ère édition – 2013

19 juin 2013, 20:53

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Une petite nouvelle est apparue dans le calendrier des courses du sud-est de la France: le trail de Serre-Ponçon. A part passer à côté du lac et du barrage bien connus pour aller dans le Piémont et entre-apercevoir de beaux paysages de montagne, je ne connais pas le coin et je me suis donc inscrit puisque c’est seulement à 1h30 de la maison. Je fais cette course dans la foulée du Trail du Grand Luberon : avec ses 44km/2600mD+, le format ressemble un peu. En principe, ce type de distance me convient bien mais le pollen a tendance à me mettre à plat, ces derniers temps. J’y vais sans prétention, et donc sans pression.

Christophe Le Saux, directeur de course, a conçu le parcours. Le départ est programmé à 8h, sur le flanc du barrage de Serre-Ponçon qui est ouvert spécialement pour l’occasion. Un bus a été affrété pour nous emmener du parking/retrait des dossards (au belvédère du lac) jusqu’au départ. Le temps que tout le monde se mette en place, de laisser passer les marcheurs inscrits sur la randonnée organisée en parallèle (il y a aussi un trail de 20km/1000mD+), on prend du retard et il faudra attendre 8h20 avant de partir. Rien de très grave, mais ça veut dire que la chaleur prévue ce jour-là fera d’autant plus mal.

On démarre par 500m de descente le long du barrage, avant d’attaquer la remontée vers le village de Rousset, entre route, piste et single. Je me sens plutôt en forme, assez bien placé avec la première féminine en point de mire. Après cette mise en jambe, on bascule sur une descente en direction d’Espinasses. Je vais assez vite dans cette partie roulante et je gagne plusieurs places. Je vois aussi que je m’approche de la première féminine et ça se confirme sur la portion de route qui va vers le village. Mais alors que je m’efforce de profiter de ce faux plat descendant pour regagner de l’allure, je vois soudain les coureurs qui me précèdent faire demi-tour et remonter vers moi… Erreur de parcours… On repart à 5 ou 6 pour rechercher la rubalise et on voit passer le flot des coureurs qu’on a doublés auparavant, plus haut. Ça m’agace un peu mais la féminine, elle, est carrément folle de rage et repart comme une furie dans le faux-plat montant (je ne la reverrai pas, et elle finira 1ère, classée 5ème au scratch). Je pense qu’on n’a pas dû perdre plus de 5-10 minutes dans cette histoire. Il faut juste ne pas se laisser démoraliser…

On s’engage ensuite sur un sentier qui monte assez sèchement et on se retrouve donc pratiquement tous à marcher. Je reprends une à une les places que j’ai perdues suite à la petite erreur de parcours. Il commence à faire vraiment chaud et je fais attention à boire beaucoup et à m’alimenter soigneusement pour préparer la suite. Je me retrouve à proximité de la deuxième féminine, qui paraît très à l’aise dans ces montées sèches. Quand ça devient plus roulant, je vais plus vite qu’elle. Au cours de la descente vers Theus, je la distance donc assez largement, et je la perds de vue.

Après le ravitaillement de Theus (14ème kilomètre), on part pour 900m de dénivelé sur 5km. C’est donc assez raide mais le paysage est magnifique. On monte un sentier abrité, surplombé par les Demoiselles Coiffées, étranges formations géologiques qui consistent chacune en une colonne de quelques dizaines de mètres, surplombée par un rocher qui semble posé là en équilibre. Côté course, je surveille mes arrières et je vois que la deuxième féminine revient progressivement sur moi, accompagnée d’un coureur avec des bâtons qui doivent bien l’aider dans cette partie. J’essaie de maintenir mon avance car je voudrais arriver au sommet du mont Colombis (1700m) avant elle… Mais alors qu’on y est presque, au bout de moins d’une heure de montée continue, je l’entends qui m’appelle « Hé, c’est à droite ! »… Une vague branche posée par terre pointe en effet vers un sentier qui nous amène au deuxième ravitaillement (20ème kilomètre). Je m’arrête quelques secondes pour faire le plein. Comme ce ravitaillement est au bout d’un petit aller-retour, je croise quelques coureurs. Certains paraissent bien entamés. De mon côté, pas de problème particulier, même si j’ai la tête qui commence à chauffer sous la casquette.

La suite est une descente, roulante sur environ 8km, puis plus franche. Même si je ne suis pas très bon descendeur, je reprends 3 ou 4 places. On enchaîne directement sur une succession de montées sèches pour rejoindre le 3ème ravitaillement (Champ du Comte). Dans la portion montante qui suit, mes quadriceps commencent eux aussi à chauffer sérieusement: je manque de volume d’entraînement en côte, et je sens aussi que mon mollet droit n’est pas très loin de cramper. Je fais donc attention à ne pas trop tirer dessus et je continue à boire beaucoup et à prendre du glucose régulièrement. Au ravitaillement, pas mal de coureurs sont arrêtés. J’en vois même un ou deux que j’avais identifiés comme des cadors au départ. Rétrospectivement, je pense qu’ils ont été victimes de l’erreur de parcours qui a été fatale à beaucoup, et qu’ils se sont arrêtés… De mon côté, je ne réfléchis pas trop et je repars rapidement, dans la foulée d’un autre gars, qui monte bien au début, mais qui semble avoir des problèmes de crampes. Ça se confirme dans la descente qui suit puisque je le distance. Par contre, je me fais doubler par un avion que j’avais croisé au début de la course et que j’avais retrouvé au ravitaillement. Il s’agit d’Arnaud Mantoux, organisateur du Défi de l’Oisans. Clairement, j’ai progressé en descente, mais il reste du boulot… Après cette première partie rapide mais peu technique, on enchaîne sur le Saut Rolland, belle descente vers le lac à flanc de montagne, assez intimidante et dans les cailloux (magnifique, mais le terrain ne se prête pas trop à la contemplation). Je laisse passer un gars visiblement assez jeune que j’avais doublé auparavant, qui est beaucoup plus à l’aise que moi dans cette portion technique. Je finis par arriver sur une piste, où se trouve le 4ème ravitaillement, proche du col Lebraut. Même s’il reste seulement 5km, je remplis mon bidon (d’eau chaude) et je repars en faux plat montant.

Je rejoins le petit gars qui m’a doublé à la descente, qui n’avance plus guère. Je rejoins aussi une féminine aux cheveux blancs, que je félicite mais qui me répond « Oh non, j’ai fait une erreur: je ne suis plus dans la course… ». On arrive à la route qui monte au Belvédère. Je me force à courir, même si ça monte (pas trop fort) et si le cagnard est maintenant redoutable. Mais comme dans tout bon trail, les organisateurs ont décidé de rajouter un peu de difficulté en nous faisant redescendre un peu, avant de finir par une montée sèche. Les quelques dernières dizaines de mètres de dénivelé sont évidemment bien dures, même si je reviens sur Arnaud Mantoux. Je passe la ligne en 5h20′ tout juste derrière lui, un peu éprouvé mais en assez bon état comparé à d’autres (la Croix Rouge a eu du boulot !).

J’ai été pointé 15ème au 2ème ravitaillement mais si j’en crois le nombre de coureurs que j’ai doublé depuis, je pense rentrer dans les 10 premiers, assez facilement. Qui sait, peut-être un podium senior ? J’attends donc un long moment les résultats, malgré la quasi-absence d’ombre dans la zone d’arrivée. Avec la chaleur, je n’ai pas tellement faim mais les crackers T*C sont toujours un vrai bonheur, après une course (j’essaie de convaincre des proches de venir faire une course rien que pour le plaisir du premier T*C après l’arrivée, sans succès pour l’instant…). Par contre, au bout d’une heure, toujours pas de résultats… J’insiste auprès des organisateurs. Ils me répètent que ça va arriver, qu’ils sont en cours d’impression… mais ils ont l’air très nerveux. En parlant avec d’autres coureurs autour de moi, je finirai par apprendre qu’un problème de balisage a dirigé des participants sur un parcours plus court, et qu’un classement correct est donc pratiquement impossible à établir. Finalement, j’ai appris aujourd’hui (mercredi) que je suis classé 10ème mais il reste des doutes : par exemple, la féminine V2 qui a abandonné pour cause d’erreur de parcours est quand même classée juste derrière moi (pourtant, j’ai vu qu’elle n’a pas voulu passer la ligne)… Dommage, mais il faut aussi accepter le fait qu’on prend un petit risque en s’engageant sur la première édition d’une course.

Ceci dit, je n’ai aucun regret. Les paysages autour de Serre-Ponçon justifiaient à eux seuls le déplacement: la salle de bal des Demoiselles Coiffées est une pure merveille, le panorama à 360° au sommet du mont Colombis (même s’il se mérite, le chameau !) sur les massifs des Ecrins et du Dévoluy, la vue sur le Ventoux… Il reste juste à corriger les petits défauts de jeunesse de cette course pour qu’elle devienne un des rendez-vous incontournables de la région.

 

Trail du Grand Luberon, version XL – 19/05/2013

21 mai 2013, 20:35

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Le Trail du Grand Luberon “XL”, ça deviendrait presque une habitude puisque j’ai participé aux quatre éditions du grand parcours (41km/2200m+). Il faut dire que c’est à côté de chez moi, et ce type de distance me convient assez bien. La différence avec les années précédentes, c’est le mauvais temps qui s’est installé sur la région la semaine dernière. Samedi, il a donc plu sans discontinuer. Dommage pour les superbes paysages du Luberon mais tant pis, on fera avec le terrain glissant et les chemins gras.

La météo a promis que la pluie s’arrêterait dimanche matin et effectivement, il ne pleut plus quand je pars de la maison pour aller à Cabrières d’Aigues. Le temps de se changer, croiser quelques copains (Denis, Jérôme, Philippe…) et on se retrouve sur la ligne, prêts pour un départ lancé à 7h, derrière les féminines. Après le marathon de Paris, je n’ai vraiment aucune intention de me mettre la pression et je me sens particulièrement détendu. Peut-être un peu trop: je me dis qu’il ne faudrait pas sous-estimer la distance. J’ai refait beaucoup de colline mais après un début de saison sur route, je pense être encore un peu juste au niveau puissance. Il faudra donc gérer soigneusement la course.

Après quelques kilomètres d’approche sur piste, la première montée est raide et assez longue et je sais qu’il ne faut surtout pas s’emballer. On monte régulièrement par petits groupes, dans la brume, et je suis finalement assez surpris de me retrouver au sommet au bout de 45 minutes, en ayant l’impression de ne pas avoir tellement forcé. Au moins, je n’ai pas perdu trop d’énergie dans l’histoire. J’ai vu que Denis était juste derrière moi en débouchant sur les crêtes. Il y a beaucoup de brouillard, mais le balisage est sans failles. La descente en direction d’Auribeau se passe bien, cette année. L’année dernière, j’y avais pas mal souffert, mais je courais sur une entorse. Là, ça roule et j’ai l’impression de bien avancer. Malgré tout, je dois laisser passer deux gars qui semblent voler au dessus des pierres. Mais comment on fait ça ?

Après Auribeau, on repart sur une montée. Je sais que Denis est toujours juste derrière moi, et j’entends parfois son souffle caractéristique. Et justement, dans une montée sèche dans les cailloux, il me rejoint et comme il va nettement plus vite, je le laisse passer. En me doublant, il me dit que c’est grâce à ses bâtons mais je vois qu’il semble très bien et assez rapidement, je le perds de vue. Je continue ma course sans m’occuper tellement des autres (sauf à un moment, le temps de vérifier que la chute d’un compagnon est sans gravité) et comme les nuages se dissipent peu à peu, on peut enfin profiter des paysages.

Vers le 30ème kilomètre, on atteint le Mourre Nègre, sommet du Grand Luberon (1125m). Contrairement à l’année dernière, je n’ai pas aperçu Denis et je me dis qu’il doit être bien loin devant. Entre temps, on a rejoint les concurrents du 25km et ça fait du bien de retrouver en peu plus de monde. On attaque la descente en single track, et malgré quelques secondes perdues dans les bouchons, ça passe bien (je ne perds pas de place). Juste avant de basculer, j’ai vu Laetitia, souriante comme à son habitude. Et maintenant, c’est Fabienne que je rejoins. Petit coucou, mais elle ne sourit guère… Je rigole doucement en la doublant, connaissant sa passion légendaire pour les descentes… Mais pas le temps de traîner: comme à chaque fois, je compte sur la portion finale, tout en relances, pour terminer fort et ça marche puisque je reprends au moins deux places. Je finirai en bon état au bout de 4h20‘43“, classé 16ème (6ème SEM) sur 135 arrivants. Denis est juste devant, 15ème à 2‘50“ de moi. Pas de doute, cette année, c’était lui le plus fort.

Après la course, le temps continue à s’améliorer et le soleil pointe le bout du nez. Comme toujours, le CAVAL de Pertuis a très bien fait les choses, et le verre de l’amitié avec les autres coureurs, compagnons du jour ou anciens compères de route est particulièrement sympathique. Je retrouve Denis, Franck, Philippe, puis Fabienne et Thierry, Jérôme… Je suis content d’être venu: j’ai fait ma course et on s’est bien amusés. Que demander de plus ?

37ème marathon de Paris – 2013

10 avril 2013, 23:23

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Le marathon de Paris, c’est un peu une course de cœur pour moi. C’était ma toute première compétition, en l’an 2000. Je compte là-dessus pour me donner le petit surcroît de motivation qui a manqué à cette préparation. Ces dernières semaines, j’ai retrouvé mes jambes « de marathon » (ou jambes  « automatiques » dans mon jargon perso) et des chronos décents. Je n’ai pas de vraie blessure, juste les quelques douleurs fantômes habituelles : orteil, sciatique, releveur… Pendant ces 3 derniers mois, j’ai fait beaucoup de qualité sur route (VMA, seuil, allure chaque semaine), du volume (entre 100 et 130km hebdomadaires) et je suis donc plutôt confiant. Les derniers réglages d’allure me font penser que 2h48’, ça devrait passer sans trop de problème. Descendre sous les 2h45′ une quatrième fois, ce sera plus difficile mais ça me semble encore jouable, à condition d’être dans un bon jour. Je sens malgré tout que cette fois, il me manque un peu l’envie et ça, je sais bien que ça peut faire la différence pour traverser les moments difficiles.

Arrivé à Paris vendredi, je me rends directement au marathon expo, temple du consumérisme le plus exalté. Retape pour des produits-miracle, des textiles-miracle, des godasses-miracle, des bagnoles-miracle… Mon dossard récupéré, je fonce sans m’arrêter vers les stands des autres courses. Quelques marathons connus ou non, puis les trails. Parmi eux, l’Infernal des Vosges. Je profite de la présence de S. Haraye, l’organisateur, pour faire le couaroye entre Vosgiens (pour les non-initiés aux subtilités du patois local, ça veut dire « tenir une conversation »). Il me parle entre autre d’un projet pour les futures éditions. Sans vouloir tout dévoiler, disons que le 160km que j’ai couru l’année dernière ressemblerait à une aimable balade à côté de ça… Mais chut, rien d’officiel encore. Le samedi, je n’ai pas très envie de retourner au milieu des marchands du temple alors je lis et je traîne dans le quartier autour de mon hôtel pour passer le temps.

Dimanche matin, il fait très frais, en sortant pour aller prendre le métro. Les conditions semblent bonnes pour courir. Niveau temps, j’ai pris de la marge et malgré l’immense détour désormais imposé pour déposer les bagages à la consigne, avenue Foch, je me retrouve près de mon sas vers 8h15. En attendant le départ, je fais quelques accélérations dans une rue perpendiculaire aux Champs Elysées. J’aperçois D. Chauvelier, en train de coacher les meneurs d’allure, et je finis par rentrer dans le sas. On a droit aux habituels cérémoniaux de l’échauffement ovin en musique « Allez, tout le monde saute ! Maintenant on lève les bras et on crie ! Quoi ? J’entends rien ! »… Mmm, j’adore… Je me console : au moins, la musique est décente (c’est Téléphone, Queen…). D’ailleurs, je remarque qu’autour de moi, en tout cas dans ce sas, les gens ne suivent guère les aboiements du DJ. Je me sens moins seul, et je me sens en forme. Le soleil brille, la journée s’annonce belle.

Le départ a lieu à 8h45 pour nous. Je franchis la ligne moins de 10’’ après le coup de pistolet, ce qui est un exploit quand on est plus de 40000 coureurs. Quand même, au début, ça piétine un peu et je passe la première borne au bout de 4’07’’, plus lent que l’allure-objectif. Pas de souci, la course est longue. Rapidement et sans forcer, je rattrape les secondes perdues pour passer au 5ème kilomètre en 19’47’’. Je me sens serein et je profite du paysage, mais j’ai compris rapidement que les 3’55’’/km, ça ne passera pas. Exit les 2h45’ donc mais aujourd’hui, 2h47’, ça me convient. 10ème en 39’42’’. La densité reste élevée mais je cours sans être vraiment gêné. Je passe la pancarte 15km en 59’30’’, toujours à l’aise et bien luné. Je bois à chaque ravitaillement de l’eau, un peu trop froide. L’estomac est en bon ordre mais je n’ai pas envie de m’alimenter et je dois me forcer à prendre un gel au bout d’une heure. Entre-temps, j’ai aperçu Yann, qui m’a hélé dans le Bois de Vincennes puis plus loin sur le parcours. Ça fait du bien. Dommage qu’il ne soit pas avec nous, de l’autre côté de la barrière.

La suite se déroule bien. Je rejoins les 20km en 1h19’05’’, puis le semi en 1h23’33’’. Je confirme donc que j’ai fait une croix sur les 2h45’ mais les moins de 2h48’ restent accessibles, sauf coup de bambou imprévu. J’ai été doublé par plusieurs pelotons composés de gars qui paraissent déterminés. Je ne sais pas comment ces types ont géré car jusque maintenant, je suis très constant en allure. Je me dis qu’ils ont dû partir moins bien placés mais qu’ils sont plus rapides, c’est tout… Pas de quoi m’inquiéter mais quand même, je commence à la trouver longue, cette traversée est-ouest de Paris. Parfois, la densité de coureurs et le public me semblent un peu étouffants. Je continue ma marche mais je vois que régulièrement, j’ai besoin de remettre la gomme pour me maintenir sous 4’/km. Au 30ème, malgré l’usure progressive, ça marche encore et je suis en 1h59’25’’. Toujours un petit peu au-dessus de 15 km/h de moyenne donc, mais je n’ai vraiment pas beaucoup de marge. De plus, je n’ai toujours pas envie de m’alimenter. J’ai même un vague point de côté qui rôde. Je me force à prendre un deuxième gel en me disant qu’1h depuis le dernier, c’est déja trop long (d’habitude, je fais 40’-45’/gel). Je ne ressens pas de manque de sucre, mais j’ai l’impression que je manque de pêche. L’avantage (ou l’inconvénient) de la course sur route, c’est que le chrono répond vite aux interrogations de ce type : 35ème en 2h19’52’’. Je suis bien en train de faiblir, donc. Juste avant cette borne, j’ai pris un dernier gel (soit à peine 20’ après le précédent) pour compenser le fait de n’en avoir pris que deux depuis le départ. Je n’ai toujours pas la sensation d’être en hypoglycémie mais je suis contrarié par ma gestion de l’alimentation. Il aura fallu que j’attende mon 15ème marathon pour faire des erreurs là-dessus…

C’est donc confirmé : je suis maintenant à plus de 4’00’’/km (moins de 15km/h) et je n’arrive pas à relancer durablement… Le bon côté des choses, c’est qu’autour de moi, c’est une véritable hécatombe. Je ramasse des tas de petits gars, notamment ceux qui m’avaient repris en pelotons compacts après le semi, probablement grisés par l’euphorie de la mi-course. Maintenant je fais le malin, mais à ce moment-là, je lutte pour ne pas dégrader davantage mon allure. Une demoiselle à vélo accompagne son copain et en profite pour m’encourager aussi « Allez Rémi (nos prénoms sont inscrits sur les dossards), tu vas le rattraper, vas-y, ne lâche pas ! ». « le » en question, c’est son compagnon. Je rigole sous cape en pensant qu’il y a vraiment des petits gars de bonne composition… Ou encore, au 40ème  (cette fois à son copain) : « Allez chéri, plus qu’un kilomètre !». D’accord, on est un peu entamés mais 42-40, ça reste une soustraction à notre portée… En tout cas, pour moi, le 40ème passe en 2h40’35’’. Je viens de dépasser un collègue d’Aix-Athle et je terminerai en doublant un gars de la SCO Marseille (que j’avais dans le viseur depuis un moment). Je dois quand même m’arracher pour passer sous les 2h50’. Ca donnera 2h49’43’’ au final, classé 353ème sur 38690 arrivants (40108 partants).

Je récupère la médaille, une bouteille d’eau (« pas deux, hein, c’est *une* par personne ! », répète un bénévole) et mon gros sac. Je me change sans pudeur excessive au milieu de l’avenue Foch (comme beaucoup d’autres). Le maillot de finisher n’est même pas digne de ceux qu’on récupère sur les courses de village, le dimanche matin. La microscopique serviette qui faisait office de cadeau d’inscription me permet de faire un brin de toilette. Assez rapidement, Denis arrive et m’invite à prendre une douche à son hôtel. Lui aussi est un peu déçu de sa course (2h58’). Après avoir discuté avec Jérôme, son co-équipier du CCCP et retrouvé Isa, on se dirige vers l’hôtel, puis vers la brasserie où on a prévu de manger une choucroute. Mais en tant que Lorrain, je me méfie toujours un peu de ce qui vient d’Alsace… Je ne suis pas tellement amateur de ce plat en temps normal mais en plus, juste après le marathon, mon estomac n’est vraiment pas très enthousiaste… J’opte donc pour une soupe de poisson, autre grande spécialité parisienne… On sera bientôt rejoint par Jean-Luc, puis par Philippe pour un moment de convivialité bienvenu avant d’aller prendre nos trains respectifs et rejoindre nos pénates.

En résumé, le marathon de Paris reste une course mythique. Dommage que cette épreuve, comme tant d’autres de ce type, soit devenue l’illustration du running-business dans sa forme la plus vile. Il reste le parcours, intemporel lui, et la magie du marathon, intemporelle elle aussi. Mais peut-être que le temps est arrivé d’accepter que je ne progresserai plus et de passer vraiment à autre chose, au moins pour un moment. Le temps de tourner la page.