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Grand trail des Ecrins – Edition 2015

Dimanche, juin 21st, 2015

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Ce samedi, on courait le trail des Ecrins (Mara’trail pour Denis, Trans’Ecrins pour Yann et moi : 80km/4200mD+ annoncés). Vendredi soir, j’ai le plaisir de rencontrer pas mal de copines et copains de l’EPM dans les rues de Vallouise. La météo est favorable. Après une nuit sous tente, Yann et moi prenons le petit déj’ à 4h devant l’église, avant d’attraper la navette pour le départ donné à l’Argentière-la-Bessée. Même si j’ai confiance en mon entraînement, je reste un peu incertain sur mon niveau de forme : ces derniers temps (depuis mes problèmes de sciatique de début d’année, en fait), j’alterne bonnes et mauvaises sensations sur mes séances. Bref, on verra bien mais en tout cas, ce matin, je me sens bien.

Départ à 6h. On n’est vraiment pas beaucoup (84 partants, je crois). Ça me surprend un peu, mais on m’apprend que cette course n’est pas au challenge, et ne rapporte pas de points UTMB. Apparemment Patrick Michel, l’organisateur, n’a pas voulu se soumettre aux règles de l’ITRA. Je pense qu’il a entièrement raison, et je salue son courage (et toute l’organisation : impeccable). Ce n’est pas vraiment un problème en soi, que beaucoup de gens préfèrent les raouts commerciaux aux courses « classiques », mais ça fait sans doute partie des facteurs qui expliquent ce relativement faible nombre d’engagés sur une course pourtant réputée. Parmi les coureurs sur la ligne de départ, je croise H. Giraud-Sauveur, traileur au palmarès impressionnant, et vainqueur de l’année dernière. Toujours avec un équipement light et l’air très détendu, la classe… Au coup de pistolet, je le garde en point de mire un moment, mais je vais bien sûr le perdre de vue quand on s’engagera sur les chemins.

J’étais un peu inquiet du comportement de mon sac R***t Marco Olmo 5l tout neuf (testé sur une seule sortie longue), mais il est si bien conçu qu’il se fait complétement oublier. Et le top, c’est qu’on peut glisser les bâtons pliés dans des boucles sur le devant. Je pars donc les mains libres, et peut-être un peu vite, du coup (je trouve qu’avoir les bâtons à la main, même si on ne les utilise pas, incite à courir plus lentement). La première montée, vers le col des Lauzes, passe bien. Il fait un peu frais mais le soleil qui se lève réchauffe l’atmosphère. Je me suis décidé à sortir mes bâtons pour la deuxième montée, celle du col de la Pousterle. Globalement, j’ai bien aimé la première partie de ce trail, même si le retour vers Vallouise via Narreyroux m’a paru un peu long. A Vallouise, je suis pointé 12ème. Bien, ne rien changer. On repasse par le camping où sont restées nos affaires, mais l’idée de m’arrêter à ce moment-là ne me traverse même pas l’esprit. Ravitaillement géré vite : j’ai vraiment réglé mon problème de doses de poudre isotonique dans les sachets de congélation avec lesquels je bataillais à chaque fois en optant pour des comprimés à dissoudre dont, franchement, je suis très content.

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Démarrage pour la deuxième partie, celle dite « de montagne ». Il fait assez chaud, mais ça reste raisonnable. Ce qui apparaissait sur le profil comme d’innoncentes bosses pour rejoindre les Vigneaux est quand même un peu plus que ça. A Vallouise, la première féminine, italienne, m’a rejoint et je la garde en ligne de mire. Depuis un moment, je cours près d’un gars qui m’atomise à chaque descente (sans surprise : je suis toujours une brêle dans ce domaine) mais que je récupère sur le plat et en montée. A un moment donné, je le rejoins puis le double, pour ne jamais le revoir. A partir de là, je vais courir seul pratiquement tout le temps.

On arrive enfin aux Vigneaux. Pour le moment, tout va encore bien mais en fait, c’est le début de mon chemin de croix. Sur le profil, la bosse suivante (Bouchier), qui précède la terrible montée au col de la Pisse, ne paie pas de mine. En fait, elle est redoutable, et je commence à puiser sérieusement. J’ai l’impression d’avoir tout le temps soif, et de courir à vide. Pourtant, je m’alimente régulièrement. En tout cas, heureusement que j’ai pris mes bâtons (j’avais un peu hésité). Après cette montée, on bascule en direction de Prelles. Je m’inquiète sérieusement de la montée qui suit, d’autant qu’on perd beaucoup de dénivelé dans cette descente. Et la suite ne me démentira pas… Plus le temps passe, et moins j’avance. Je suis cuit. Je regarde maintenant mon GPS, à qui il ne reste plus que quelques minutes d’autonomie, tous les 100m… Un gars me rejoint. Il n’avance pas à 15km/h non plus, mais il est trop rapide pour que je le suive. Il me dit qu’il souffre mais il n’en a pas trop l’air, en tout cas vu de ma misérable condition, et il s’éloigne assez rapidement… Au bout de quelques dizaines de minutes, un autre gars me rejoint. Même chose. Il me demande si le ravito est pour bientôt… J’espère… Et on y arrive enfin (ravitaillement de Ratière). Je refais le plein, mange un peu, mais je n’ai pas faim, même de salé. Une bénévole s’approche, me demandant si ça va car « vous êtes tout blanc »… Plus de doute, je suis donc objectivement en difficulté… Je songe un peu à abandonner, mais je me dis que tant que j’arrive à mettre un pied devant l’autre, je peux toujours finir en mode rando. Je repars donc au bout de 4 minutes, craignant que ça continue à monter avec la même pente mais en réalité, on a droit à un petit répit avant d’attaquer la montée vers le col de la Pisse. Celle-ci n’est pas ultra-raide, mais on monte en escalier sur des tas de bosses herbeuses et ventées dont on ne voit pas le bout. Un photographe m’attend pour immortaliser l’événement. Il me demande « ça va ? », sans doute un peu inquiet de mon air défait. Le panorama est superbe, mais j’ai du mal à l’apprécier. J’arrive enfin à ce fameux col où deux secouristes et un bénévole nous attendent. Ils plaisantent en me disant « Attention, il y a une meute de coureurs qui revient sur toi ! » (depuis le col, on voit à des lieues vers l’arrière). Je réponds « Je m’en fous. Il pourrait y avoir le pape qui revient sur moi que ça ne me ferait ni chaud ni froid ». Ils rigolent en me disant qu’il n’y a absolument pas âme qui vive à perte de vue derrière, mais vérifient quand même « Tout va bien, oui ? »…

Je bascule donc, et c’est parti pour un long moment sur un sentier pas évident, à flanc de montagne. Mine de rien, je commence à recourir. Je sens que je retrouve de l’énergie. Après ce long sentier et ses marmottes (dont une qui tirait avec ses dents pour arracher un des fanions balisant le chemin !), je rejoins finalement une piste dans la vallée, qui devient une route. On aperçoit des maisons au loin. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis alors mis en tête depuis longtemps que c’est là que se trouve le ravitaillement suivant (mon GPS est à court de batterie depuis Ratière). J’arrive aux-dites maison et là… rien. Je prends un coup au moral et je continue, en maugréant qu’à tous les coups, le ravito était bien dans ces maisons et que je l’ai loupé (ma lucidité n’est peut être plus très affûtée…). Mais au bout de quelques kilomètres de route, voilà enfin le ravitaillement de Chambran. Les gars me disent que je suis 8ème (ça me surprend un peu mais j’y crois, à ce moment-là). Je discute un peu avec eux (ils sont encore éblouis par Hervé Giraud-Sauveur, futur vainqueur, qui était frais comme un gardon) avant de repartir dans une descente caillouteuse bien désagréable. Le retour sur Vallouise est long mais j’arrive quand même à courir la plupart du temps à allure décente, je pense. Et alors que je me dis que plus personne ne reviendra sur moi et que donc, je n’ai pas de raison de forcer, j’aperçois quelqu’un devant moi. Je m’approche petit à petit et je constate que c’est bien un gars de la Trans’Ecrins. Je reste derrière lui quelques minutes. Il semble entamé. Et quand arrive la route pour les derniers 500m, je le double et il n’essaie pas de me suivre. Je passe la ligne au bout de 12h03:48, classé 12ème (il ne faut jamais écouter les mecs aux ravitos !), 4ème V1. Comme le premier au scratch est V1, je monterai donc sur la troisième marche du podium V1.

Finalement, malgré une grosse défaillance, je m’en tire plutôt bien puisque j’aurai gardé la même place entre le passage à Vallouise et l’arrivée. C’est ça qui est bien, avec le trail : on peut tomber au 36ème dessous, puis se refaire la cerise… Je ne sais pas trop pourquoi j’ai coincé, mais je soupçonne surtout d’avoir manqué de séances avec fort dénivelé : j’ai fait plusieurs fois 3h-3h30, mais en courant tout le long et avec 1000-1200mD+ au plus (et un seul trail de préparation, l’Aurélien, au résultat assez mitigé). Mon problème, c’est que je ne suis pas adepte des sorties rando-course : tant que mes gamins sont petits, j’ai du mal à me résoudre à quitter la maison pour plus de 3h le week-end. Je pense donc que je ne vais pas me ré-engager sur une autre grande épreuve de montagne tout de suite. J’avais pensé au trail Côte d’Azur-Mercantour en septembre mais la leçon de ce week-end, c’est que c’est sans doute un trop gros morceau, et je ne suis pas prêt à investir dans un entraînement suffisant pour ça. Mais il sera toujours temps de penser à la suite après quelques jours de repos.

Temps de passage:

  1. Champs Didier (km 18): 2:23’57 (1’31 d’arrêt)
  2. Vallouise (km 35): 4:42’36 (3’22 d’arrêt, pointé 12ème)
  3. Ratière (km 53): 7:59’11 (4’13 d’arrêt)
  4. Chambran (km 71): 11:16’35 (1’13 d’arrêt)
  5. Vallouise (km 78, arrivée): 12:03’48

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